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# « La grande vitesse » - le nouveau recueil de poésie d'Hélène Révay
- URL: https://letterscapitales.ghost.io/la-grande-vitesse-le-nouveau-recueil-de-poesie-dhelene-revay/
- Published: 2021-06-27T21:20:05.000Z
- Updated: 2026-09-18T13:46:14.000Z
- Author: Dan Burcea
- Tags: Chroniques

![La grande vitesse](https://static.fnac-static.com/multimedia/Images/FR/NR/e7/b1/ce/13545959/1540-1/tsp20210521082007/La-grande-vitee.jpg)S’abandonner à une « singularité naissante » et aller vers « une vision qui recommence, un don » nourrissant l’impossible nous mèneront-ils un jour vers le frémissement d’un serment trahi, comme on trahit « le possible » ou « le visible », s’interroge Hélène Révay dans son nouveau recueil de poésie « La grande vitesse » ? 

Cette motricité renvoie vers une suite de mots résonnant au rythme d’un train à grande vitesse comme cette fulgurance portée par un jeu d’une négation répétée à souhait « Ça n’est pas moi, mais moi/pas toi, mais toi, pas lui, mais lui » afin de donner toute la mesure d’une incessante interrogation sur la vie et sur le pouvoir du temps prenant ici l'habit d'une nuit qui tarde à partir ou d'une journée qui refuse de se lever. Chose presqu'attendue, tout finira par se transformer en durée suspendue afin de conjurer la finitude : « Comme un sursaut, comme le sort/comme la mort, comme l’envie ».

Dès lors, « le monologue devenu dialogue », nous dit Hélène Révay, appelle l’être cher à une union procréatrice symbolique, comme la promesse, disons, d’un « Fils ou fille de solitude, de pénitence/de rédemption, un enfant ». Sauf qu’en réalité, et encore une fois à la bonne grâce du temps qui s’enfuit, tout moment, toute nuit partagée ne fait qu’accroitre le chaos et faire apparaître le spectre « des recommencements ». La nuit deviendra « ascétique » et la parole « syncopée », allant presqu’à la négation du sens de ce qui est dit ou tu.

L’image du couple se tord dans ce que ces poèmes appellent des « visions supersoniques » dont la monumentalité n’est que dépendance refusée : « Toi, enchaîné à moi, malgré toi ,/moi, enchaînée à toi, malgré moi ».

Que reste-t-il donc à celui appelé à vivre l’instant et respirer à pleins poumons les promesses de l’aube ? Rien n’est plus douloureux pour celui ou celle qui donnerait tout « pour disperser le vent en mille éclats de rire ».

Il nous faudra, quant à nous, fouiller nos silences et donner à nos misères, à « nos étendues à perte de soi » la lumière de la joie immense, « la joie du vainqueur ».

Dans cette improbable croisade contre l’absence et les paroles dévorées sur des lèvres accrochées à l’impossible, il n’y a que la poésie, nous dit Hélène Révay, qui aura le courage de déclarer sa victoire, car elle est la seule à vaincre la béance « proche de l’hébétude ultime ».