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# Jean-Louis Sponem : Un autre monde
- URL: https://letterscapitales.ghost.io/jean-louis-sponem-un-autre-monde/
- Published: 2020-05-11T05:49:45.000Z
- Updated: 2026-09-18T14:24:52.000Z
- Author: Dan Burcea
- Tags: Poésie

**Un autre monde**

C’est un éden de feu à côté des méandres

 d’une douce lumière aux incongrus contours

 que seuls quelques oiseaux ont réussi à prendre

 aux couleurs immortelles qui valent le détour

 Les grands arbres ont planté dans le décor, racines

 au ras de l’onde verte qui caresse leurs pieds

 désormais, l’impression picturale nous fascine

 leurs enchevêtrements sont images de plain-pied

 Même les libellules y ont refuge trouvé

 au lit du nénuphar pour leurs amours, cacher

 lorsque ses boutons d’or sont en train d’éclater

 au-dessus d’une faune sauvage, désordonnée

 Lorsque seul le silence les fait se dépasser

 les oiseaux nous égaient de leurs chants fous rythmés

 et qu’elles soient blanches ou noires, leurs notes improvisées

 nous rappellent qu’il est jour ou plus loin que soirée

 C’est alors que se croisent les oiseaux de passage

 au moment où le chien ressemble au plus sauvage

 que se disent-ils, soudain, le diurne et le nocturne

 qu’il faut chauffer peut-être, les brindilles de leur urne

 Plus haut, c’est la colline et ses cheveux hirsutes

 ses épis sont bouleaux et chênes ancestraux,

 les années de la vie forment ici la chute

 de centaines de rochers, posés là, magistraux

 C’est dans ce lieu, ici, que des hommes aujourd’hui

 dans le Saintois pays s’inventent le bonheur

 ils écrivent chaque jour les pages d’une autre vie

 au pied d’une nature qui réchauffe les cœurs.

**\* \* \***

**Des lyres**

Dans le travers de l'au-delà des arbres

À toucher plus loin

Que les yeux, le ciel dans le bleu

Je vois ce qu'il y a

À me fumer dans les abîmes

des arbres, à came...

Et mes pieds qui se tremblent

à plus tard me faire dormir

plus haut que ma paillasse

L'envie de fumer existe,

pas pour oublier, quoi

mais pour créer, de quoi

Je veux fumer car je souffre

mais je souffre car je fume

De l'autre, qui fume de ne pas souffrir

Trip, spleen,

Reverrai-je le fond de l'air

à me pousser du fond

Je survis

Et la vie m'envahit

De ce que j'ai aux autres donné

ma vie de saltimbanque,

même si la banque

ne satin pas

Je prends la banderille

de mon corps qui me dit

quoi, je te parle

et jouis, de l'épicurien

que tu es

De la vie

Alors, prends ton chemin

et plonge dans ce vide

qui n'existe plus

Depuis peu

Mais rien ne sert, alors

que de vouloir y parvenir

dans le devenir

Et demain, le soleil

dira, dans les arbres du travers de l'au-delà

que me voilà les gars

Préparez les cartes,

je viens jouer, j'arrive,

Parce que, quoi qu'il en soit,

Je suis seul, sûr.

Autant que le temps me permet de le mesurer, c'est très tôt que je fus animé par l'envie de coucher sur le papier des assemblages de mots pour en former des poésies. Cette appétence est complétée par d'autres sens naturels. Ceux du refus de l'injustice, de la volonté, par ailleurs, de "dénoncer" les beautés naturelles qui nous entourent, ou bien encore, de traduire ce que vit mon for intérieur, dans ses épisodes écorché vif. C'est aussi l'aboutissement de l'imaginaire, celui qui fait vibrer, qui torture, qui empêche de dormir et qui fait sommeiller les mots, jusqu'en inventer, dans l'accouchement de la phrase et de la rime. Ma plume crée, invente, témoigne, rit, pleure, tend la main..., mais jamais elle ne triche. (Jean-Louis Sponem)